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Un jeune producteur lance une cuvée à forte teneur en cabernet-sauvignon.

Quelques arpents de vignes situés sur un coteau admirablement ensoleillé. Des pieds de cabemet-sauvignon, en majeure partie, que viennent compléter quelques ceps de meriot, plantés au tout début dés années soixante comme cela se pratiquait couramment à cette époque.

C'est la « Jolie », une parcelle qui produit un excellent jus, mais en très faible quantité. « A peine 20 hectolitres pour pratiquement un hectare », souligne Lionel Raymond, son propriétaire. C'est une des raisons pour lesquelles les jours de ce carreau sont comptés. Cet hiver, il est prévu de l'arracher. Mais avant, la vieille vigne va livrer son baroud d'honneur en donnant une dernière cuvée qui portera son nom.
Une cuvée d'exception, si l'on en croît l'exploitant. Et ce à plus d'un titre. D'abord en raison de l'atypisme de son assemblage.
Alors qu'en règle générale les vins de Bordeaux se composent de 60  de merlots et 40  de cabemet, le jeune viticulteur de Saint-Laurent-du-Bois compte faire la part belle à ce dernier cépage.
Un challenge risqué. « L'objectif est de faire une cuvée à prédominance cabemet-sauvignon récolté sur de vignes vieilles avec maturité top niveau, parce que ce cépage amène une complexité des arômes et une structure que l'on a beaucoup de mal à retrouver dans les vins modernes », explique t-il.
Le jeune homme désirerait redonner ses lettres de noblesse au cabemet qu'il ne s'y prendrait pas mieux. Seulement vouloir aller à l'encontre des habitudes gustatives du consommateur ne représente t-il pas un challenge un peu risqué ?

« Je ne pense pas parce que je vais travailler sur un volume réduit de moins de 3 000 bouteilles. Ensuite les gens n'ont pas l'habitude de boire ce type de vin, car on ne leur propose plus. Ils risquent néanmoins d'être agréablement surpris par rapport à la mode actuelle qui consiste à sortir des cuvées spéciales hyper concentrées à prédominance de merlot parce ça correspond à une demande internationale dictée par le goût de certains dégustateurs. En parallèle, en délaissant le cabemet on se prive de quelque chose de
fantastique. En plus quand c'est bien fait je ne vous dit .pas », rappelé le producteur.

Des fûts de 300 litres. Et à ce niveau là, au château Lagarde on possède une certaine expérience. Depuis déjà plusieurs années des cuvées d'exception comme l'excellence de Fillon ou le Grand millésime de Lagarde, des produits haut de gamme se négociant à plus de 10 euros le flacon sortent de ces chais. Cette maîtrise, Lionel Raymond compte bien en faire profiter le dernier né. Commencé par des vendanges manuelles, comme il se doit, cela se poursuit avec la vinification en barriques. « Pourquoi en fûts ? Tout simplement car nous n'avons pas de cuve suffisamment petite. La fermentation alcoolique se fera en barriques de quatre vins. Une fois soutiré, leproduit fera sa fermentation mallolactique, sera bâtonné et élevé sur lie en fûts de 300 litres », explique le jeune homme.

Cette contenance a été délibérément choisie, non pas pour accentuer le côté atypique comme on serait aisément tenté de le penser, mais parce que Lionel Raymond désire que la surface en contact par rapport au volume total soit moins importante que sur une barrique de 225 litres.
« Afin d'éviter une prédominance du bois sur un produit qui présente de très grandes et prometteuses qualités », précise t-il. A découvrir d'ici un peu moins de deux ans.

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